Les établissements pénitentiaires du pays ont vu leurs portes s’ouvrir pour 1 511 détenus bénéficiaires de la grâce présidentielle accordée par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Une mesure exceptionnelle, porteuse d’espoir, qui s’inscrit dans une démarche de décrispation sociale et d’humanisation de la justice.
À la prison civile de Lomé, l’événement s’est déroulé sous la conduite du directeur de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion (DAPR), Idrissou Akibou. Entouré d’autorités judiciaires et pénitentiaires, notamment le directeur des affaires pénales et des grâces, Tossa Amouzou Akohouegnon, et le commandant des surveillants, le colonel Dadjo Ograbako, il a veillé à l’application rigoureuse de la décision présidentielle. Au-delà du protocole, l’instant était chargé d’émotion, marqué par des regards mêlant soulagement, joie et appréhension.
S’adressant aux nouveaux libérés, le DAPR a transmis les vœux du chef de l’exécutif et insisté sur la portée de cette grâce, présentée comme une seconde chance. Il a appelé les bénéficiaires à adopter des comportements responsables, soulignant que la liberté retrouvée implique discipline, engagement personnel et respect des lois. Pour lui, cette mesure traduit l’attention constante portée par les autorités à la dignité humaine et à la cohésion nationale.
La SMPDD s’implique dans la réinsertion des nouveaux ex-détenus
La cérémonie a également mis en lumière l’importance de l’accompagnement social après la détention. À ce titre, l’intervention de Coco de Koffi Woenagnon, président de la Solidarité Mondiale pour les Personnes Démunies et les Détenues (SMPDD), a retenu l’attention. Ancien détenu lui-même, il incarne un parcours de résilience et de réussite. Son association, active sur le terrain, a déjà recensé 535 personnes appelées à bénéficier d’un appui à la réinsertion professionnelle ou à l’entrepreneuriat.
Dans un message sans complaisance, il a rappelé que la liberté est un combat quotidien, souvent semé d’obstacles, mais préférable à l’enfermement. Il a salué, au passage, les efforts consentis pour améliorer les conditions carcérales et renforcer les mécanismes de réinsertion.
Si cette grâce présidentielle suscite une vague de satisfaction, elle relance aussi le débat sur l’avenir du système pénitentiaire togolais. Désengorger les prisons ne suffit pas. La véritable réussite résidera dans la capacité à transformer ces libérations en histoires de reconstruction, afin que la prison cesse d’être une impasse et devienne un point de départ vers une intégration sociale durable.







